artiste-peintre
créateur du style « Ay Fanahy »

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Biographie : évolution du style

Évolution du style de Jean A. RAVELONA,
depuis 1968

Labour, gouache/papier, 55×33, 1968

Les premières œuvres (1968)

Jean Andrianaivo RAVELONA a peint son premier tableau en 1968, après avoir acquis les premières leçons de dessin et de peinture.

De tendance naïve et coloriste, à la gouache, ses tableaux dits « premières œuvres » ont été marqués par l’influence de ses premiers maîtres, dont William RANDRIANASOLO, en dessin, et Ernest RAKOTONDRABE dit Dadanesy, comme son premier professeur de peinture.

Ambodifasina, aquarelle, 25×18, 1972

Période « classique réalisme » (1972-75)

Du style académique, des sujets réalistes, des techniques à la manière classique reflétant la grande influence des maitres malgaches tels que RATOVO, RAKOTOVAO, RAMANANKAMONJY. Mais aussi d’autres comme COROT ou COUBET.

Ce fut le véritable commencement marquant dans l’aventure picturale de J. Andrianaivo RAVELONA. Cette période classique et réaliste se situe entre 1972 et 1975, alors qu’il venait d’achever ses études à l'École des Arts appliqués Malgache.

Rêve d’artiste, huile/toile,
73×50, 1978

Au village, gouache, 33×25, 1977

Période « Tourment » (1976-78)

Puis, c’est le questionnement, le conflit entre le présent sentimental et le passé rationnel qui surgit. D'où des thèmes dramatiques tourmentés où s’affrontent, dans un fond de clair obscur, l’aura de REMBRANDT, de RUBENS, de MICHEL ANGE, des romantiques, des surréalistes. Qui s’explosent quelquefois en couleurs lugubres et violentes à couteau tiré sur la toile de J. A. Ravelona.

L’artiste a traversé à des épreuves intenses, bouleversantes, aussi tourmentées dans ses cycles de vie.

Ce tableau s’intitule « Chemin » exécuté en 1979. C’était un après-midi du mois d’Avril pendant lequel l’artiste entendit une voix intuitive dictant sa voie future, celle de vivre de l’art.

Femme arbre, huile/toile, 55×38, 1979

Période « Découverte » (1979-81)

Cette période fut marquée par une grande diversité de style : expressionniste, cubisme, surréaliste, tachisme ou autres. Mais l’essentiel est l’inspiration qui jaillit d’une manière inattendue donnant naissance à des thèmes visionnaires, futuristes ou réalistes qui s’entrechoquent.

« Découverte » est la période d’éclatement très bouleversante chez Jean A. RAVELONA.

Sa création explose, ses couleurs s’amplifient, son état de conscience tout entier dépasse les frontières.

C’est au cours de cette période que J. A. RAVELONA découvre sa voie future : celle de réaliser sa vocation d’artiste et de transmettre le message de l’intuition.

Mankany (Vers…) huile/toile, 61×46, 1984

Paysage, huile/toile, 47×27, 1984

Période « Espoir » (1981-84)

Une période très significative car ayant démissionné de toutes fonctions antérieures, Jean A. RAVELONA décida de devenir peintre professionnel à partir du 3 mars 1981.

Un grand espoir nait après une prise de conscience, ainsi qu’une ferme volonté de s’affirmer et se matérialisa par une sorte d’optimisme excessif. À cette détermination s’ajoute un esprit libéral positif, toujours soucieux de s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Les thèmes traités furent le paysage, la vie quotidienne, culturelle ou artistique, dominés par des personnages en action, sous un ciel sans nuages.

Le peintre était alors animé d’une audace folle se traduisant par des coups de patte épais et forts.

Il maniait son couteau à palette avec hardiesse, sinon avec ténacité et ferveur.

La gamme comportait des couleurs voisines tendant à fusionner, le tout baignant dans une atmosphère matinale. La conception sous-jacente était la tentative de traduire des sentiments infinis.

La plupart des tableaux de Jean A. RAVELONA, pendant sa période « Espoir », représentent de long chemin convergeant vers un halo de lumière à l’horizon. Mais à mesure que le peintre entre dans la période suivante, le chemin se raccourcit progressivement.

Monde Cosmique, aquarelle, 53×42, 1985

Paysage Lumière, huile/toile, 61×46, 1987

Période « Lumière » (1984-87)

L’aspect général de cette période est caractérisé par la fusion des éléments de la terre et du ciel en un fond unifié par leurs tons clairs et pastel. Il y aura un équilibre entre le corps matériel et l’âme des éléments.

Le peintre se laisse toujours guider par la lumière intérieure qui lui révèle ses visions. Dans le tableau, ce n’est plus un soleil unique qui éclaire les personnages, le paysage ou les objets, mais chaque élément se trouve illuminé par sa propre lumière intérieure.

En somme, ce fut la rupture totale avec son passé, tant sur le plan artistique que sur sa façon de voir les choses. En effet, l’artiste découvre ses thèmes abstraits et visionnaires, dans l’aventure de transmettre le message de l’infini et du monde cosmique.

Le Ay Fanahy

Enfin, les thèmes ont mûris et se sont élargis, les expériences se multiplient. L’artiste découvre, enfin, le nom de son style « le Ay Fanahy ». Les périodes précédentes se rallient en une synthèse : Classique, Tourment, Découverte, Espoir et Lumière fusionnent pour faire naître un style nouveau.

L’artiste sort totalement des sentiers battus. Ses longues pratiques d’éveil créatif par la voie intérieure le poussent vers un autre concept dans l’art. D’où la naissance du Ay Fanahy.

Du coté public aussi, bien des personnes intéressées par le travail de J. Andrianaivo RAVELONA et surtout des amateurs d’arts lui posent inlassablement la même question quant à l'appellation de son style de peinture.

C’était la nuit du 19 novembre 1990… racontait le peintre. Au cours d’une méditation profonde aux approches de minuit, le Verbe Suprême, l’Intuition s’est révélée au peintre par ces paradigmes : Ay Fanahy.

C’est cette même sensation Ay Fanahy qui lui a fait vibré d’énergie créative depuis sa petite enfance et qui s’est cachée au fond de ses périodes précédentes.

Outre les trois dimensions de l’être et de toutes œuvres d’arts, Ay Fanahy est la quatrième dimension : l’étape suprême, l’étincelle de l’Intuition qui est véhiculée à travers les lignes et les couleurs du peintre.

Le Ay est un mot ésotérique, d’origine malgache lointaine. Fanahy se traduit par Âme ou Esprit.

Signifiant énergie positive, intuitive, ou vibration de l’âme, le Ay Fanahy est l’osmose du visible à l’invisible ou l’équilibre de la matière à l’âme.

Le Ay Fanahy est inauguré, officiellement, à la Galerie du Madagascar-Hilton, en décembre 1990, sous le haut patronage du Ministre de la Culture malgache.

Swami Sarvadananda, 1991